« Et ceux qui lancent des accusations contre des femmes chastes sans ensuite produire quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups et n’acceptez plus jamais leur témoignage. Voilà ceux qui sont les pervers, »
(Sourate An-Nûr, 24:4 — traduction rapprochée du sens)
Ce verset énonce une règle particulièrement forte concernant les accusations de fornication portées contre des personnes chastes sans les quatre témoins requis. Il rappelle que l’honneur d’une personne ne peut pas être livré aux soupçons, aux rumeurs ou aux affirmations sans fondement.
1. Une accusation grave ne peut pas reposer sur une simple parole
Accuser quelqu’un d’adultère ou de fornication peut détruire sa réputation, fragiliser sa famille et provoquer des conséquences durables. Le Coran impose donc une exigence de preuve particulièrement stricte dans ce contexte.
2. La réputation d’autrui n’est pas un jeu
Une rumeur peut sembler anodine à celui qui la répète, mais elle peut causer une souffrance profonde à la personne visée. Parler de la chasteté d’autrui sans preuve est une responsabilité morale grave.
3. La popularité d’une accusation ne la rend pas vraie
Même si une accusation circule partout, elle ne devient pas un fait établi. Les réseaux sociaux, les conversations privées et les messages transférés peuvent amplifier une injustice sans apporter la moindre preuve.
4. La liberté de parole ne signifie pas le droit de calomnier
Exprimer une opinion ne dispense pas de respecter la vérité et la dignité des personnes. Il faut distinguer une accusation infondée d’un signalement sérieux ou d’un témoignage présenté dans un cadre approprié.
5. Le verset rappelle aussi la responsabilité de la communauté
Une société juste ne doit pas encourager les accusations incontrôlées. Elle doit rechercher la vérité, protéger les personnes contre la calomnie et traiter les affaires graves selon des règles précises, sans vengeance privée ni condamnation arbitraire.
6. Une règle juridique ne doit pas devenir une permission de se faire justice soi-même
Le verset évoque une sanction juridique déterminée. Son application ne relève pas des particuliers : elle appartient à un cadre judiciaire compétent, avec les conditions et garanties requises. Ce passage ne donne donc à personne le droit de punir lui-même une autre personne.
En conclusion :
Le verset 4 nous rappelle que les accusations touchant à l’honneur et à la chasteté sont d’une extrême gravité. Il nous invite à refuser les rumeurs, à ne pas condamner sans preuve et à comprendre que la justice exige davantage que des soupçons.
Avant de répéter une accusation, posons-nous trois questions : Est-elle établie ? Ai-je le droit de la diffuser ? Suis-je en train de défendre la vérité ou de participer à une injustice ?
La dignité humaine mérite mieux que des rumeurs. La vérité exige des preuves, et la justice ne doit jamais être remplacée par la précipitation.


