« Et la cinquième fois est que la colère d’Allah soit sur elle, s’il fait partie des véridiques. »
(Sourate An-Nûr, 24:9 — traduction rapprochée du sens)
Dans le contexte des versets 6 à 9, le Coran expose la procédure du liʿân : lorsque le mari accuse son épouse d’adultère sans pouvoir produire les quatre témoins requis, des serments solennels sont prévus pour chacun des époux. Le verset 9 décrit le dernier serment de l’épouse, par lequel elle repousse l’accusation.
1. Une accusation grave ne doit pas être traitée à la légère
Accuser quelqu’un d’adultère touche à son honneur et peut avoir des conséquences profondes. Le Coran encadre cette situation par une procédure spécifique plutôt que de laisser place aux accusations incontrôlées.
2. La parole engage celui qui la prononce
Les serments décrits dans ces versets rappellent que les affirmations portant sur l’honneur d’autrui ne sont pas des paroles anodines. Elles engagent une responsabilité morale et spirituelle devant Allah.
3. La justice ne consiste pas à condamner sur la base d’un soupçon
Une suspicion, une jalousie ou une conviction personnelle ne suffit pas à établir la culpabilité d’une personne. Il faut distinguer ce que l’on croit, ce que l’on affirme et ce qui peut être établi selon les règles applicables.
4. N’utilisez pas la religion pour intimider ou humilier
Le passage ne doit pas être transformé en instrument de pression conjugale. Il décrit une procédure particulière et solennelle, pas une autorisation de menacer son conjoint ou de lancer des accusations sans fondement.
5. Le rappel du jugement divin appelle à l’humilité
Le verset évoque la colère d’Allah dans le serment de l’épouse si le mari dit vrai. Les deux époux se trouvent ainsi placés devant une responsabilité particulièrement grave. Cette solennité devrait inciter à la prudence, et non à l’arrogance ou à la précipitation.
En conclusion :
Le verset 9 fait partie d’un passage qui encadre une situation conjugale exceptionnelle et rappelle le poids des accusations touchant à l’honneur.
Il nous invite à ne pas confondre soupçon et preuve, conviction et vérité, ni invocation religieuse et justice.
Lorsque l’honneur d’une personne est en jeu, la prudence n’est pas une faiblesse : elle est une exigence de justice.


