Sourate At-Talâq (65), verset 2
فَإِذَا بَلَغْنَ أَجَلَهُنَّ فَأَمْسِكُوهُنَّ بِمَعْرُوفٍ أَوْ فَارِقُوهُنَّ بِمَعْرُوفٍ وَأَشْهِدُوا ذَوَيْ عَدْلٍ مِّنكُمْ وَأَقِيمُوا الشَّهَادَةَ لِلَّهِ ۚ ذَٰلِكُمْ يُوعَظُ بِهِ مَن كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ ۚ وَمَن يَتَّقِ اللَّهَ يَجْعَل لَّهُ مَخْرَجًا
Traduction du sens :
« Lorsque leur délai arrive à son terme, reprenez-les de manière convenable ou séparez-vous d’elles de manière convenable. Faites témoigner deux personnes intègres parmi vous et rendez témoignage avec sincérité pour Allah. Voilà ce à quoi est exhorté celui qui croit en Allah et au Jour dernier. Et quiconque craint Allah, Il lui donnera une issue favorable. »
Les enseignements essentiels de ce verset
Le deuxième verset de la sourate At-Talâq poursuit l’encadrement du divorce en mettant l’accent sur un principe fondamental : même lorsque la séparation devient inévitable, elle doit rester gouvernée par la justice, la dignité et la responsabilité morale.
1. Deux possibilités, une même exigence : le respect.
« فَأَمْسِكُوهُنَّ بِمَعْرُوفٍ أَوْ فَارِقُوهُنَّ بِمَعْرُوفٍ »
Le Coran présente deux possibilités : reprendre la vie conjugale ou mettre définitivement fin au mariage.
Mais il impose une condition aux deux : agir de manière convenable (bi-ma’rûf).
La réconciliation ne doit pas devenir un moyen de faire souffrir, de prolonger une situation injuste ou de priver la femme de ses droits. De même, la séparation ne doit pas être accompagnée d’humiliation, de vengeance ou de maltraitance.
2. Le mariage ne doit pas devenir un instrument de domination.
Le verset interdit implicitement de maintenir une femme dans le mariage uniquement pour lui nuire ou exercer un pouvoir sur elle.
La possibilité de reprendre son épouse est liée à une intention et à un comportement convenables. Le mariage ne peut être utilisé comme un moyen de pression.
3. La séparation doit être encadrée par des garanties.
« وَأَشْهِدُوا ذَوَيْ عَدْلٍ مِّنكُمْ »
Le verset demande de faire témoigner deux personnes intègres.
Cette prescription souligne l’importance de la transparence et de la protection des droits dans une procédure aussi importante que le divorce.
Elle rappelle également que les affaires familiales ne doivent pas être abandonnées à l’arbitraire ou aux affirmations contradictoires.
4. Le témoignage est une responsabilité devant Allah.
« وَأَقِيمُوا الشَّهَادَةَ لِلَّهِ »
Le témoignage ne doit pas être influencé par les intérêts personnels, les liens familiaux, les préjugés ou les sentiments.
La vérité doit être établie pour Allah, même lorsqu’elle ne sert pas nos propres intérêts.
5. La foi implique une conduite juste, même dans les conflits.
« ذَٰلِكُمْ يُوعَظُ بِهِ مَن كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ »
Le verset relie directement le respect de ces règles à la foi en Allah et au Jour dernier.
Autrement dit, la foi ne se mesure pas uniquement aux paroles et aux pratiques religieuses : elle se manifeste également dans la manière de traiter les autres, particulièrement lorsque des intérêts personnels sont en jeu.
6. La piété ouvre des issues là où l’être humain ne voit que des impasses.
« وَمَن يَتَّقِ اللَّهَ يَجْعَل لَّهُ مَخْرَجًا »
Cette conclusion dépasse le seul cadre du divorce. Elle énonce un principe général : celui qui place la conscience d’Allah au centre de ses décisions trouvera auprès de Lui une issue.
Même dans les situations familiales les plus difficiles, la piété, la justice et le respect des limites divines peuvent ouvrir des chemins que l’être humain n’avait pas envisagés.
La grande leçon de ce verset
Le Coran ne demande pas aux époux de rester ensemble à tout prix. Il ne leur demande pas non plus de se séparer sans considération pour les conséquences de leurs actes.
Il leur impose une exigence plus profonde : si vous choisissez de continuer ensemble, faites-le avec bienveillance ; si vous choisissez de vous séparer, faites-le avec dignité et justice.
La fin d’une relation conjugale ne doit jamais être le commencement de l’injustice.
Car la véritable piété se révèle aussi dans notre capacité à respecter les droits de ceux avec lesquels nous ne souhaitons plus partager notre vie.


