Islam et Musulmans

Le mensonge devant Allah n’est jamais une affaire insignifiante

« Et que la cinquième fois soit qu’il appelle sur lui la malédiction d’Allah, s’il fait partie des menteurs. »
(Sourate An-Nûr, 24:7 — traduction rapprochée du sens)

Ce verset s’inscrit dans le passage consacré au liʿân, la procédure particulière prévue lorsqu’un mari accuse son épouse d’adultère sans pouvoir produire les quatre témoins requis.

Après avoir prêté quatre serments affirmant qu’il dit la vérité, le mari prononce, selon le verset 7, un cinquième serment en appelant sur lui-même la malédiction d’Allah s’il ment.

Ce passage nous invite à réfléchir au poids de la parole, à la gravité du mensonge et à la responsabilité que nous portons devant Allah.

1. Une accusation grave ne doit jamais être lancée à la légère

Accuser une personne d’adultère peut détruire son honneur, sa réputation et sa vie familiale. Le Coran encadre donc cette situation par une procédure spécifique, au lieu de laisser les accusations sans preuve déterminer la vérité.

2. La parole engage la conscience de celui qui la prononce

Le serment décrit dans ce verset est particulièrement solennel. Il rappelle que prétendre dire la vérité tout en sachant que l’on ment est une faute grave, même si l’on parvient momentanément à tromper les autres.

3. La religion ne doit pas devenir un instrument de pression

Ce passage ne donne pas le droit d’intimider son conjoint, de l’humilier ou de l’obliger à se soumettre à ses propres accusations. Il décrit une procédure précise, qui ne doit pas être transformée en méthode ordinaire de règlement des conflits conjugaux.

4. L’absence de preuve ne justifie pas la calomnie

Il faut distinguer le soupçon personnel d’un fait établi. Lorsqu’une accusation ne peut être prouvée, la prudence et le respect des règles deviennent essentiels. La conviction d’une personne ne suffit pas à établir la culpabilité d’une autre.

5. Le jugement humain n’est pas le jugement divin

Une personne peut réussir à convaincre son entourage, à manipuler les faits ou à dissimuler ses intentions. Mais le regard des autres ne détermine pas la vérité devant Allah. Cette conscience devrait nous rendre plus honnêtes et plus humbles.

En conclusion :

Le verset 7 rappelle que les paroles les plus graves ne doivent pas être prononcées comme de simples arguments dans une dispute. Le mensonge, la calomnie et l’injustice engagent une responsabilité morale qui dépasse les apparences.

Ne sacrifiez jamais la vérité pour gagner un conflit. On peut tromper les hommes, mais on ne peut pas cacher sa réalité à Allah.

 

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