« Le fornicateur n’épousera qu’une fornicatrice ou une idolâtre, et la fornicatrice ne sera épousée que par un fornicateur ou un idolâtre. Cela a été interdit aux croyants. »
(Sourate An-Nûr, 24:3 — traduction rapprochée du sens)
Ce verset fait partie d’un passage dans lequel le Coran traite de la fornication, de la chasteté et de la protection de la société contre les comportements qui portent atteinte aux droits d’autrui.
Son interprétation a fait l’objet de discussions parmi les exégètes et les juristes musulmans. Il convient donc de ne pas le réduire à une affirmation simpliste selon laquelle chaque personne serait nécessairement le reflet moral de son conjoint.
1. Le mariage ne doit pas servir à banaliser la transgression
Le verset souligne la gravité de la fornication et la nécessité de prendre au sérieux les principes moraux qui encadrent la vie conjugale. Le mariage implique des engagements qui ne peuvent être séparés de la responsabilité personnelle.
2. La cohérence morale compte
Le Coran invite le croyant à ne pas traiter les principes religieux comme de simples paroles. La chasteté, l’honnêteté et le respect des engagements doivent se traduire dans les actes, et pas seulement dans l’image que l’on présente aux autres.
3. Ne réduisez pas une personne à son passé
Ce verset ne doit pas servir à prétendre qu’une personne ayant commis une faute ne pourra jamais changer. Le repentir et la réforme occupent une place importante dans le Coran, notamment au verset 5 de cette même sourate. Une analyse sérieuse doit donc tenir compte du contexte et des autres enseignements coraniques.
4. Ne transformez pas ce verset en outil d’humiliation
Il ne s’agit pas d’utiliser la religion pour exposer la vie privée des autres, les condamner sur la base de rumeurs ou leur fermer toute possibilité de repentir. La justice exige de distinguer les faits établis des accusations, et les personnes de leurs erreurs passées.
5. La vie conjugale exige responsabilité et sincérité
Le choix d’un conjoint ne concerne pas seulement l’attirance ou les apparences. Il engage la confiance, le respect mutuel et la manière dont chacun entend construire sa vie. Les principes moraux prennent leur sens lorsqu’ils contribuent à une relation fondée sur la responsabilité.
6. Lisez les versets dans leur ensemble
Le verset 3 doit être étudié avec les versets qui l’entourent, les passages coraniques relatifs au repentir et les différentes interprétations classiques. Une lecture isolée peut conduire à des conclusions trop rapides ou à des jugements injustifiés.
En conclusion :
Le verset 3 de la sourate An-Nûr nous invite à prendre au sérieux la chasteté et la responsabilité morale dans le mariage. Mais il ne doit pas être transformé en instrument de condamnation permanente ni utilisé pour nier la possibilité du repentir.
La fidélité aux principes coraniques exige à la fois de la rigueur dans l’interprétation, de la justice envers autrui et de l’humilité dans nos jugements.


