« La fornicatrice et le fornicateur, fouettez chacun d’eux de cent coups de fouet. Et ne soyez pas pris de compassion envers eux dans l’application de la religion d’Allah, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Et qu’un groupe de croyants assiste à leur châtiment. »
(Sourate An-Nûr, 24:2 — traduction rapprochée du sens)
Ce verset traite de la sanction de la fornication dans le cadre juridique coranique. Il s’inscrit dans un ensemble de versets qui abordent la chasteté, la calomnie, la preuve et la protection de l’honneur des personnes.
Pour le comprendre sérieusement, il faut distinguer le texte coranique de ses interprétations juridiques et ne pas transformer ce verset en autorisation donnée aux particuliers de punir autrui.
1. La responsabilité morale concerne les hommes comme les femmes
Le verset mentionne explicitement la femme et l’homme. La responsabilité morale ne doit donc pas être appliquée de manière sélective selon le sexe, le statut social ou la popularité d’une personne.
2. La justice ne doit pas dépendre des préférences personnelles
Le passage rappelle que les principes de justice ne devraient pas être abandonnés simplement parce qu’une personne nous est proche ou que son comportement suscite notre sympathie. Mais la justice exige aussi de respecter les conditions de preuve et les garanties prévues par le droit.
3. Une accusation n’est pas une preuve
La sanction évoquée par le verset ne peut pas être appliquée sur la base d’une rumeur, d’une jalousie ou d’un soupçon. La sourate elle-même, notamment au verset 4, traite sévèrement les accusations de fornication qui ne satisfont pas aux exigences de preuve qu’elle établit.
4. Le texte ne donne pas le droit de se faire justice soi-même
Le verset ne constitue pas une permission de punir quelqu’un par ses propres moyens. L’application d’une sanction pénale relève d’une autorité judiciaire compétente et suppose le respect des règles applicables. La violence privée ne peut pas être justifiée par une citation isolée du Coran.
5. La dignité et les droits des personnes doivent être pris au sérieux
Le passage traite d’un acte défini dans un cadre juridique particulier. Il ne justifie ni la diffusion de la vie intime des personnes, ni leur humiliation publique, ni la condamnation de quelqu’un sans procédure équitable.
6. Lire le Coran demande de la rigueur et du contexte
Comprendre ce verset suppose d’étudier les textes qui l’entourent, les conditions d’établissement des faits et les discussions des juristes musulmans. Une lecture rigoureuse évite de confondre une règle juridique avec une autorisation individuelle de sanctionner.
En conclusion :
Le verset 2 de la sourate An-Nûr aborde la sanction de la fornication dans un cadre juridique précis. Il doit être étudié avec les autres versets de la sourate, notamment ceux qui encadrent les accusations et les preuves.
La justice ne consiste pas à condamner selon nos émotions ou nos soupçons : elle exige des règles, des preuves et une autorité compétente.


