« Et n’eussent été la grâce d’Allah envers vous et Sa miséricorde, et qu’Allah est Celui qui accueille le repentir, le Sage… »
(Sourate An-Nûr, 24:10 — traduction rapprochée du sens)
Ce verset vient conclure le passage consacré aux règles du liʿân, la procédure particulière prévue dans le cas où un mari accuse son épouse d’adultère sans disposer des témoins requis. Après avoir exposé ces dispositions dans les versets précédents, le Coran rappelle la grâce d’Allah, Sa miséricorde et Sa sagesse.
1. La grâce d’Allah nous rappelle notre vulnérabilité
L’être humain peut se tromper, agir sous l’effet de la colère ou porter un jugement injuste. La conscience de notre propre fragilité devrait nous rendre plus humbles et plus prudents lorsque nous jugeons les autres.
2. La miséricorde n’est pas une autorisation de commettre des injustices
Savoir qu’Allah est miséricordieux ne signifie pas prendre les fautes à la légère. La miséricorde nous ouvre la voie du retour et de la correction, mais elle ne transforme pas l’injustice en acte acceptable.
3. Le repentir doit s’accompagner d’un changement
Le verset rappelle qu’Allah accueille le repentir. Reconnaître une faute est essentiel, mais un repentir sincère implique aussi de s’efforcer de ne pas la répéter et, lorsque cela est possible, de réparer les torts causés.
4. La sagesse divine nous invite à ne pas agir à la légère
Le passage précédent expose des règles précises concernant une situation conjugale particulièrement grave. Il nous rappelle que les accusations touchant à l’honneur des personnes ne doivent pas être traitées sur la base de simples soupçons ou de réactions impulsives.
5. Ne désespérez pas, mais ne banalisez pas vos actes
La miséricorde d’Allah est une raison d’espérer et de revenir vers Lui. Elle doit également nous encourager à assumer nos responsabilités, à reconnaître nos erreurs et à chercher à agir avec davantage de justice.
En conclusion :
Le verset 10 nous rappelle que la grâce et la miséricorde d’Allah sont essentielles à notre existence morale et spirituelle. Il nous invite à garder ensemble deux attitudes : l’espoir en la possibilité du repentir et la conscience de la gravité de nos actes.
Ne faites pas de la miséricorde une excuse pour persister dans l’erreur. Faites-en une raison de vous corriger, de réparer et de revenir sincèrement vers Allah.


