« Et elle repoussera le châtiment en jurant quatre fois par Allah qu’il fait partie des menteurs. »
(Sourate An-Nûr, 24:8 — traduction rapprochée du sens)
Ce verset s’inscrit dans le passage consacré au liʿân, une procédure particulière évoquée dans les versets 6 à 9 de la sourate An-Nûr. Lorsqu’un mari accuse son épouse d’adultère sans pouvoir produire les quatre témoins requis, le Coran prévoit des serments spécifiques pour les deux époux.
Le verset 8 décrit la déclaration de l’épouse : elle jure quatre fois par Allah que son mari ment, afin de repousser la conséquence prévue contre elle dans cette procédure.
1. Une accusation ne suffit pas à établir une culpabilité
Même dans le cadre du mariage, une accusation grave ne doit pas être considérée comme une preuve en elle-même. Le Coran encadre cette situation au lieu de laisser les soupçons décider du sort d’une personne.
2. La dignité d’une personne doit être protégée
Les accusations touchant à la fidélité et à l’honneur peuvent avoir des conséquences profondes. Elles ne doivent pas devenir des instruments de vengeance, de pression ou d’humiliation.
3. Les conflits intimes exigent davantage de responsabilité, pas moins
La proximité entre deux personnes ne donne à aucune d’elles le droit de condamner l’autre sur la base d’une simple conviction. Plus une accusation est grave, plus la prudence et le respect des règles sont essentiels.
4. La religion ne doit pas servir à intimider son conjoint
Le liʿân est une procédure coranique spécifique. Ce passage ne donne pas à chacun le droit d’imposer des serments à l’autre, de le menacer ou de se substituer à la justice. Il ne faut donc pas le transformer en méthode ordinaire de règlement des disputes conjugales.
5. La responsabilité devant Allah dépasse les apparences
Le passage rappelle que les déclarations des époux sont solennelles. Les serments ne doivent pas être prononcés à la légère, car le mensonge et l’injustice demeurent des fautes graves devant Allah.
En conclusion :
Le verset 8 nous invite à réfléchir à la manière dont une accusation grave doit être traitée. Il ne s’agit ni de banaliser les faits ni de condamner sans preuve, mais de respecter une procédure précise et de préserver la dignité des personnes.
Dans les conflits les plus douloureux, la justice ne consiste pas à croire automatiquement celui qui accuse, mais à refuser que le soupçon devienne une condamnation.


